Sud-Ouest – L’Aquitaine repique à la politique bordeaux
Le 17 décembre 2008 dans Presse • Pas de commentairesL’Aquitaine repique à la politique bordeaux Le Conseil régional a adopté son budget au milieu d’un vif débat sur fond de crise. Mécontente des critiques antigouvernementales, l’UMP a quitté l’hémicycle
Le Conseil régional d’Aquitaine reste une assemblée politique, on s’en est aperçu hier avec tout le côté théâtral, voire dramatique, qui y est attaché. On se demandait qui, de l’UMP ou de l’UDF, allait se manifester la première. D’emblée, l’UMP a décidé de provoquer la première escarmouche en quittant l’hémicycle pendant le discours introductif d’Alain Rousset.
Dominique Ducassou et Jean-Charles Bron ont donné le signal du départ en s’exclamant : « Nous ne sommes pas là pour faire le procès du gouvernement ! » quand Alain Rousset a commencé de critiquer le comité Balladur chargé de proposer une réforme des collectivités locales. Il en fallait davantage pour désarmer les critiques d’Alain Rousset sur le gouvernement et sa demande de « clarification » des compétences des collectivités. « Si on ne fait pas ce débat ici au sein de la Région, où le fera-t-on ? » demandait-il.
Pour Alain Rousset, le budget que le Conseil régional s’apprêtait à voter a parmi ses objectifs de concourir à la relance de l’économie, aider les entreprises à investir et former les jeunes et les demandeurs d’emploi. Mais il regrettait que l’État ne permette pas à la Région d’investir autant qu’elle le devrait en lui demandant de se substituer à lui dans les domaines de sa propre compétence, comme la ligne à grande vitesse ou les chantiers de régénération ferroviaire. Malheureusement, il lui est demandé d’investir surtout dans ces domaines, ce qui limite ses ambitions dans d’autres comme les lycées, les écotechnologies ou le logement, a-t-il regretté, ce qui a donné l’occasion à l’UMP de faire sa sortie. Ce n’était pas la première fois, la tactique ayant été inaugurée par Marie-Hélène des Esgaulx lors de la première mandature d’Alain Rousset.
Les démocrates tentateurs
Pour sa part, Jean-Charles Paris, président du groupe démocrate, s’est manifesté en proposant un amendement visant à conserver l’équilibre entre les différents chapitres budgétaires, en cas de modification des dépenses. L’amendement, assorti d’une autorisation d’emprunt de 11,6 millions d’euros, prévoyait d’augmenter les dépenses des technologies de l’environnement, de culture, de patrimoine ou de politique de la ville, et c’était ouvertement une tentative de provoquer les hésitations de la majorité socialiste.
Les réponses d’Alain Rousset manquant de clarté, selon le groupe démocrate, ce dernier demandait une interruption de séance. À la fin de celle-ci, on se demandait si l’amendement allait être accepté, montrant ainsi un ralliement tacite de l’exécutif aux demandes de Jean-Charles Paris.
Les démocrates, qui en ont maintenant l’habitude, tentent ainsi régulièrement d’enfoncer un coin à l’intérieur de la majorité dont ils testent la capacité de résistance. Jean-Jacques Lasserre, vice-président démocrate du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, estimait que « le Conseil régional avait un excellent bilan financier et qu’il pouvait s’impliquer plus directement ».
Ce débat soulevait l’indignation du chef de file de l’UMP, Dominique Ducassou, voyant les propositions des démocrates prises ainsi en considération : « Cette négociation en direct est scandaleuse, c’est ridicule ! »
Au nom du Front national, Jacques Colombier estimait, lui, que c’était « la énième tentative de négociation sous les yeux de la presse, j’aimerais que cela ne se renouvelle pas de cette façon ». Alors que l’amendement était néanmoins rejeté, Jean-Jacques Lasserre répondait que cette déclaration du FN était une « caricature ».
Débat sur la LGV
Le budget de la Région Aquitaine – qui était donc repoussé par les groupes UMP, démocrate et Front national et approuvé par les Verts (qui se sont abstenus sur le volet transports) et le groupe des socialistes et radicaux de gauche – a donc été adopté.
Le Conseil régional a aussi approuvé de nombreuses autres délibérations. En premier lieu, le vote du règlement d’intervention sur le logement des jeunes, adopté à l’unanimité. Ce texte, présenté par Émilie Coutanceau, s’adressait, au-delà des lycéens et étudiants, aux jeunes travailleurs en formation et en apprentissage.
Tard, en fin de séance, le Conseil régional a dû débattre d’un texte sur la LGV pour laquelle la Région est appelée à accorder son financement. Alain Rousset a demandé un vote à l’unanimité alors que le groupe UMP avait annoncé qu’il ne participerait pas au vote, de même que le Front national et les Verts, divisés. Dominique Ducassou maintenait sa position en regrettant que l’engagement financier ne soit pas encore connu. Jean-Charles Paris se montrait très favorable au « projet du siècle » et répondait « quatre fois oui ! » et, se tournant en direction des Verts : « Ceux-là, je ne les maîtrise pas ».
La véritable délibération sera votée à la plénière programmée le 16 février.




